Le jeudi 7 mai 2026, l’IGF-BF a organisé la première conférence publique de la première édition du Grand Hommage du Numérique au Burkina Faso (GHN-BF 2026), une initiative dédiée à la valorisation des personnalités ayant marqué l’évolution de l’écosystème numérique national.

Cette édition rend hommage au Docteur Joachim TANKOANO, figure emblématique du développement du numérique au Burkina Faso. Placé sous le thème global « Transformation numérique du Burkina Faso : des années 70 à nos jours », le GHN-BF 2026 ambitionne de promouvoir la mémoire institutionnelle du secteur tout en stimulant la réflexion prospective sur les enjeux contemporains du numérique.

La conférence inaugurale, tenue en ligne, avait pour thème : « Avantages et risques de l’intégration de l’intelligence artificielle dans la vie professionnelle et personnelle ». Elle a réuni une centaine de participants issus des administrations publiques, du secteur privé, de la société civile, du monde académique ainsi que de la communauté technique.

Dans son mot d’ouverture, Rasmata COMPAORE, présidente du comité d’organisation, a rappelé que cette initiative vise à créer un espace de dialogue, de transmission intergénérationnelle et de réflexion stratégique sur les transformations numériques qui façonnent le Burkina Faso.

La modération des échanges a été assurée par Abdoul Aziz KABRE, président d’ISOC Burkina Faso et data scientist.

Le conférencier principal, Abasse BALIMA, consultant en systèmes d’information, communication stratégique et intelligence digitale, a proposé une analyse approfondie des opportunités et des risques liés à l’intelligence artificielle, en particulier à l’intelligence artificielle générative.

Au cours de sa communication, il a présenté l’intelligence artificielle comme un ensemble structuré autour de trois fonctions complémentaires : l’analyste, capable de traiter et d’interpréter d’importants volumes de données ; le stratège, qui appuie la prise de décision ; et le créatif, qui facilite la production de contenus, d’idées et de solutions innovantes.

L’intervenant a souligné le potentiel économique considérable de cette technologie. Selon les projections évoquées, le marché mondial de l’intelligence artificielle pourrait atteindre près de 827 milliards de dollars à l’horizon 2030, tandis que son apport potentiel au produit intérieur brut africain pourrait dépasser 1 000 milliards de dollars d’ici 2035.

Toutefois, il a également mis en garde contre les défis que soulève son intégration croissante dans les sphères professionnelle et personnelle. Parmi les principaux risques identifiés figurent les biais algorithmiques, la dépendance technologique, le profilage psychologique, l’exposition accrue aux cyberattaques, le phishing assisté par IA, les deepfakes, le clonage de sites web et l’empoisonnement des modèles.

À cet égard, le conférencier a insisté sur la nécessité de maintenir le principe du « human in the loop », c’est-à-dire la présence d’une supervision humaine dans les processus de décision impliquant des systèmes d’intelligence artificielle, notamment dans les domaines sensibles tels que la santé, la finance, le recrutement ou la sécurité.

Les échanges avec les participants ont permis d’aborder plusieurs questions stratégiques majeures, notamment la prévention d’une nouvelle forme de recolonisation numérique, la souveraineté technologique, les impacts environnementaux de l’intelligence artificielle, les enjeux de protection des données personnelles, ainsi que les défis juridiques liés à l’évolution des usages numériques.

En réponse à ces préoccupations, Abasse BALIMA a plaidé pour le renforcement des capacités nationales, le développement d’infrastructures locales, la promotion d’une culture critique face aux contenus numériques et l’investissement continu dans les compétences.

Au terme de la conférence, plusieurs recommandations ont été formulées. Les participants ont été invités à adopter une posture de vigilance face aux contenus numériques manipulés, à activer l’authentification multi-facteurs sur les comptes sensibles, à renforcer la sensibilisation aux risques cyber dans les organisations, à développer les compétences numériques des équipes et à mettre en place des mécanismes robustes de cybersécurité et de gouvernance des données.

Par cette première conférence publique, l’IGF-BF réaffirme sa volonté de contribuer à une appropriation éclairée, inclusive et responsable des technologies émergentes, au service du développement du Burkina Faso.

La prochaine conférence du Grand Hommage du Numérique au Burkina Faso 2026 est annoncée pour le 17 mai 2026, Journée Mondiale des Télécommunications et de la Société de l’information et portera sur les « 12 chantiers de la transformation digitale au Burkina Faso ».

 

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